11/12/2008

Cruciverbisme du corps

Ça commence toujours comme ça. Ça se pointe sur ta peau, filigranes silencieux et toi tu penses : des fissures des tranchées. Mais ton corps n’est pas plaine tu n’es pas territoire. Je disais donc que ça commence toujours comme ça, ça te strie ça te stance ça te scande et ça te scinde et toi tu te dis : métrique. Mais ton corps n’est pas strophe tes vers sont souples.
Je disais donc que ça commence toujours comme ça, ça te pousse ça te plie ça te penche ça te bâillonne et ça te trace et tu es grille entre ses doigts. Dame-damier tu te démènes te démembres te disloques te détends te déploie. Tu n’es ni Reine ni Tour ni Folle ; l’échiquier est ailleurs.
Je disais donc que ça persiste et ça perdure et ça noircit tes cases (celle-ci, cette autre et celle-là) et ça t’espère et ça te scrute et ça t’enserre. Puis, tu comprends, pendant que ça t’instigue t’intrigue t’investigue verticale que ça te t’explore, t’instaure t’installe horizontale. Ça finit toujours comme ça.
Cruciverbisme du corps.

1 commentaire:

LeRoy K. May. a dit…

ça finit parfois en courbature du cul et en calice de cruche en crèche;

parfois la foi s'en mêle et s'emmêle les mots dits les maux vite dits les mauviettes qui médisent sur ta méprise le tabac qu'abat là où le bât ne blessera pas.