05/12/2008

Retranscriptions

Toujours la même histoire. Je me pousse au mauvais moment. J'ai un problème de nanosecondes. Je suis en (un ?) décalage. L'après-midi fut sordide. Épais de sous-entendus. J'ai acheté un magazine et des clopes au tabac du coin. Un truc qui parle de bouquins et d'américanité. Digestible. Au bas de la jaquette, des mots se détachent: La route perdue - courir. Je ne suis pas encore en retard. J'entre et me répands sur une table. J'ouvre une page, aléatoire. Le titre me saute au cou: Fantasme de tableau. On y résume un roman d' Augustina Bessa Luis: Un rejeton d'une grande famille déchue de Porto s'éprend d'un Rembrandt. A la folie... Tu aimerais sans doute. Enfin je crois... peu importe. La serveuse m'apporte un café. Délayé. Au comptoir, un clone de Clapton mange un club. Je le dévisage. Il a des mains de musicien. Les mains, c'est tout ce qui compte, tu te souviens ? A moins que ce ne soit la bouche, je ne sais plus trop.
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Le ciel est boticellien, rien de moins. Un bleu parfaitement léché. Quelques stratus cotonneux ceintrés de gris acier. Seuls les pylones arrogants narguent cette démesure, bandés dans leur arrogance métallique.
Je te décris le ciel parce que tu n'y habite pas.
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J'ai remonté St-Denis et ma mémoire. Poursuivant le fil ténu de ce que nous aurions pu être. Je n'ai trouvé que des ombres. Elles m'ont tourné le dos.
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Quartier latin. Retrouver ses disquaires, ses rythmes. Faire des provisions sonores pour l'hiver. Me perdre dans l'immensité verticale de cette librairie minuscule.
Me perdre, impérativement.
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