13/12/2008

Rituel

Noir total. Les doigts opèrent en silence, ils savent les gestes à faire, ils enchaînent les mouvements. À cette étape, seule la mémoire gestuelle importe : ouvrir le boîtier, retirer la pellicule, couper la pellicule placer la pellicule dans la cassette. Bain. Rincer la pellicule, la laisser glisser dans l’étau des doigts, suspendre la pellicule. Attendre.

J’aimais plus que tout ces soirées passées en chambre noire. Hors du monde, nous étions quelques-uns à s’affairer en silence. Seuls quelques frémissements d’ombres mouvantes venaient distraire la densité rouge de l’atmosphère. Bercée par l’odeur aigre des bains, quasi transfigurée, je regardais les choses naître dans ces bassins de révélateurs, fascinée par la lente apparition de ces paysages, de ces portraits, de ces corps. Je me demandais alors et me demande encore aujourd’hui comment la beauté savait naître dans des eaux si acides.

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