19/04/2009

Allongée, sans raison

Allongée, je pense à ces chemins qui s’enroulent s’évadent hors de moi. Le carrelage est frais, mes doigts suivent le tracé géométrique, vaguement convexe de ses interstices. Je pense au tracé de mes lombaires plaqués au sol, aux arcs précis que forment ma nuque et mes reins sur les dalles blanches mâtinées de gris.

Fermer les yeux. Relever le front, le menton. Inspirer. Penser au ventre qui se soulève, régulier, métronomique. Penser à une île, une clairière, un boisé, une verdure folle, musquée. Imaginer une falaise massive, mobile, t’y voir assoupi, détailler ton front grave, ton souffle combustible, tes mains calmes tissant l’oubli, inventant des cortèges de surface, dessinant des escales hors du Delta de nos réveils. Mimer les gestes que nous poserions.

Sans raison, pour rien, pour le plaisir, étendue sur le carrelage, t’espérer, t’imaginer auscultant mes encres, encore un peu.

3 commentaires:

É. a dit…

Encore une clairière, donc.

Meta a dit…

Haha, ouais...Faut croire que certains lieux imprègnent l'esprit et s'y impriment durablement...

LeRoy K. May a dit…

j'aime bien cette mathématique du conditionnel où nous nous isolerions.