20/04/2009

Inventaire

...Et quand je t’aurai tout écrit, il me faudra encore:

Te rencontrer dans la brûlure, frôler tes lisières, rouler à tes pieds d’envol, te chuchoter des mots périlleux. Naître à toi, enchevêtrée de tes regards qui carbonisent, troquer mes yeux pâles contre le manège de nos lèvres réversibles, t’inventer des parfums qui grésillent, t’allumer des incendies figés de brouillard, forger de vent tes poudrières de déluge, attiser les fièvres de tes archipels souterrains…

Et encore m’égarer dans les foudres définitives, te balbutier des trajectoires tourmentées, me ligoter dans tes rivières, nous inventer un autre corps, un autre lieu, un autre état, osciller dans tes paumes d’écorce, me fondre dans les aspérités de tes repaires festifs

Et quand épuisée, je franchirai, encore une fois, le seuil de ta caverne, tu m’accueilleras dans un silence parfait et nous rirons de notre impermanence et de l’imprévisible issue de nos rencontres fortuites