11/08/2009

Épuiser la lumière

Elle avançait, engourdie, et la ville n’était qu’une masse blanche, aveugle : assemblage de rues élémentaires, décomposables, informes sous le ciel tronqué.

Elle avançait à l’heure des feintes alcalines, à l’heure des vitrines tapageuses, à l’heure des sirènes de résine lustrées de prouesses anatomiques, à l’heure des pylônes errants délayant leurs exergues d’acier

Et quand la nuit ne retenait plus rien qui vaille,
Elle regagnait sa chambre infime,
S’allongeait à même le carrelage,
Blanche, haletante, plaine étroite livrée aux poulpes

Et elle laissait ses pensées battre l’air de leurs fibres résineuses et tisser l’histoire du monde, l’histoire des corps et de leurs émois orchestrés, l'histoire des courbes et des tangentes et de leurs gestes avalés, et elle pensait aux intentions, aux paroles, aux pensées qui flambent sur les rives limoneuses de la mémoire. Brouillages limite.

On parle trop peu de la capacité qu’ont les corps à épuiser la lumière

4 commentaires:

lhiverakhartoum a dit…

Trop peu effectivement! Je t'écouterais en parler davantage. Magnifique!

MILIQUE a dit…

Bonjour,

Elan cérébral qui crève, avec prestance, le confort des apparences.
Le temps de humer l’air et déjà la pensée s’électrise.
Magnifique.

Symon Dé a dit…

Il faut bien se reposé dans le sombre pour éclairer nos lanternes, sinon éclairer du clair c'est pas utile.

J'aime ça je vais revenir quotidiennement lire.

É. a dit…

Miam.