26/01/2009

Péri-Pietà

Tu t’estompes. Pietà intermittente. Icône déchue. Creusée. Évidée. Collages. Discontinuités. Je tente de te refabriquer dans tes vacillements blancs. Vaine entreprise de rapaillage ; je reste en périphérie des choses, autour de ce que tu as pu être.

23/01/2009

Plaines de toi

Il m’arrive de croire que tu as été ce moment qui tremble, cette partition familière gorgée de mes retenues fragiles. Puis cette impression devient sentiment tenace, collection d’images de toi, possibilités en creux, trames panoramiques qui s’imposent, pleines de toi (plaines de toi). Comme toujours, ça s’estompe, ça se décompose un peu puis ça passe, comme le reste… L’imagination est une force sourde, tordue, incivilisée.

20/01/2009

Lémur de la paresse ou comment s'élabore un projet bancal.

Marchant, je me demandais sur quel terrain se rencontreraient les vers luisant issus de ce hors-là façonnable qui ne me permettait aucune cloison. Je l’investissais de noms, me le figurerais alors que mes pas inégaux striaient l’air touffu du matin. L’heure approchait et il me fallait avant toute chose rassembler mes membres, me présenter sous un jour cohérent, crédible. Puis, il me faudrait encore cesser de proposer, investir d’actes les paroles. Il me faudrait proclamer. Il me faudrait devenir une reine, immense et sans pitié. Je devriendrais alors cette dévoreuse méthodique rongeant les murs de la paresse :
Avec les dents, creuser un trou, un long tunnel aux proportions vaguement oesophagiques qui me permettrait de sortir des intestins analytiques puis, me hisser au palais des mots, leurrer la langue et sortir en jets distincts, entre les dents. Libre enfin d’investir ce hors-moi façonnable.

10/01/2009

J'enviai

C’était peut être nous ce fleuve aigu, cette balistique intérieure notre tête le canon sourd des mots. C’était peut-être un non-moi et pas-toi riant du rien de nous. Comment pouvait-on prévoir que le vent allait saigner des lèvres ?

03/01/2009

Déjà Janvier

Déjà janvier. Je voulais t’écrire la nuit le souffle nos rires magnifiés.
Je voudrais te lire encore.
Tes vapeurs nues ont trouvé le chemin de mes jeux imprégnés

Mon ami mon oiseau éclaté mon incandescent,
Je t’écris de cette presque aube qui tarde à jaillir