31/03/2009

Cendres de toi

Il y avait cette boite de cendres sur mes genoux.
Ces cendres de toi
De toi à moi,
Petite boîte de toi
Cendres de pluies sèches dans ma gorge

30/03/2009

Je t'ai rêvé

Je t'ai rêvé
Ta rétine aux persiennes arrachées
S’exposait au ciel
Sous une voûte de jupes

Errances de ville

Le nœud des gorges dégrafe le ciel
Dans les nausées sourdes
De ma marche de faux-pas



Dans l’étau des villes
Les tendresses transfuges
Allument des chemins provisoires

29/03/2009

La grande cavale

Tu arpentais à grandes volées les couches goudronnées de ta fuite. Closes, tes paupières d’asphalte bifurquaient aux ronds-points des nerfs cependant que ton souffle inondait les aspérités minérales d’une certaine cavale.

Retentissantes, tes semelles d’écorce orchestreraient encore longtemps cette acoustique des torsions, synchronisant tes tremblements aux routes intimes de la chevauchée scripturale.

25/03/2009

Constat

L’épiderme est un savant bunker
L’espace frontal d’un calligramme
Électrique
Où salivent
Des émeutes givrées

20/03/2009

Liaison conditionnelle

Je te dirais :
Dégante-moi
Dévore mes coursives de mots
Pyromanise-moi Incendies splendides et immérités de tes encres

Et je regarderais :
Ton thorax diamantaire
Tes structures perceptibles
Tes organes raides
convertibles

Et tes hanches mercurisées
Suivraient une faille
Ton corps-ciel
Ferait fléchir l’involontaire
de ma nuque

12/03/2009

Brèves de ville (ou précis d'urbanisme)

Ils ont dressé des ghettos avec une sincérité de ventouse,
cuit les idoles sous le stock des cathédrales,
compacté les ruses au mètre cube,
dressé des lignes vides sous l’encolure des bétons.

L’architecture de demain explicitera l’anéantissement chirurgical du cerveau

L’urbanisme est un chargement frontal qui charrie l’hélice des tempes

..........................

Dans le sarcophage tactile des villes,
la paume des sirènes exalte
la transparence d’ogive des nuits
Les impasses
vident le ciel
Je regarde
les virgules improbables
des tramways
tracer leurs membranes neurasthéniques
sur les monts exaltés
de l’intuition.

........................

Promesse

Je te dessinerai la ville
comme une lampe
de fleurs crues
en papyrus métronome

11/03/2009

Entre nous

Entre nous, il y avait ces cristaux arrachés aux draps des poursuites et l’enfance coincée dans cette récréation de nerfs. J’ai encore cette nausée qui rend les mots plus vrais Tu es morte et je n’avais plus de mots pour… te dire et je t’en ai voulu et les mots sont… morts avec ta vie fardée et je leur en ai voulu et…L’ instant est intact et l’instinct aussi. Je me suis minutée. J’ai compté les heures. Puis il y a eu ce chant inattendu du territoire Je n’habite plus ici j’ai le droit d’écrire. Mon écriture a le droit de te survivre. Je ne m’éconduirai plus dans tes miséricordes. Je retourne aux hémisphères des canailles.
Quel est le coût poétique d’une vie qui ne se veut plus ?
Mon écriture coagule et agit comme une naissance vertébrale. Véloce, elle s’attelle à la peau des aubes.
Tu aurais 50 ans demain. Je compte les heures que tu n’as plus, les absorbe, me les approprie.
J’ai l’immunité. J’aimerai la vie encore longtemps.

04/03/2009

Leroy de Babylone

Tu écartelais les angles du langage.

Dans cette toundra venteuse
Aux dortoirs des mots
Dans les tôles rouillées à pellicule coton
Tu inventais
des génies
des fous
des amnésiques
Maniant le texte
comme une l’eau-forte des lymphes,
Tes scansions faisaient dévier les Boeing
de leurs corridors ascendants.

Grésillements

Tu écartelais… les Boeing… du langage …
Et tu riais et tes mots étaient une mer de Langues-Ventrales
Et tu exemplifiais l'émerveillement des enzymes.
Réinventant Babylone,
Et le Texte
Et le Rythme
Chaque jour un peu plus fort

03/03/2009

Dans nos cavernes

…Et avant

Il y avait cette béance, comme une tiédeur dans l’air moisi. Ses couleurs décalées absorbaient et restituaient une étrange absence qui se réinventait un peu chaque jour

…Et maintenant

Il y a deux verticales et des lignes abouties et des courbes délirantes hors de mon centre aveugle.

…Et demain

Il y aura cette digue qui cède de l’autre côté de toi. Il y aura le délaissement de tes gestes et cette nuit un peu plus jaune

…et tout ce qui brûle dans nos cavernes rejoindra l’inutile.