26/05/2009

Ta trainée

Autoportrait de moi désertant moi :

L’œil, marécage de vitrail aux Ganges des délires
Joues de phare colportent les pièges de lèvres
Cheveux
Mouture d’odeurs
Ventre calice de cendres aux gonds des pudeurs
Converge vers le sanctuaire détonateur d’écumes
Je serai ta traînée...
De poudre

25/05/2009

Hôtel B*****

Fraîcheurs implacables de février
Il y avait cette alcôve de ruelles furtives
Et nos valises, landes éparses sur la moquette
Et la fenêtre sur les toits impassibles
C’était nos nuits abandonnées

Affaissés de pavés fatigués
Entre les murs fibreux de cet hôtel anonyme
Le front qui brûle aux échos incompatibles
Émue de suie dans l’infinie précision de tes gestes
Loin de la menace des chemins précis
Loin des matins raides
Nos corps centrifuges
Se moquaient de Paris

20/05/2009

Septembre ailleurs

Le front qui brûle
Aux échos incompatibles
Rugir le rêve
Droite
Loin des villes déçues

Je pense à septembre
Et peut-être aussi à moi
À cheval sur l'Estonie

14/05/2009

Moussons impromptues

Et elle marchait dans des pluies tièdes de moussons impromptues. Aux axes turbulents de lieux, elle traçait des itinéraires penchés de plaines, des métropoles de plis, des naines d’éther, des noces saturées de rites. Intouchable et ébréchée elle oscillait, rompue aux forêts d’hésitations, suspendue aux gorges de lacs.

Épuisée des paraboles d’aquarium sans ciels, elle rêvait d’avaler les langues d’enchantement, se voyait distendue aux détroits de coton, perdue aux cortèges des paumes.

Dans les parfums humides de gestes, j’incendierai tes steppes flexibles, je te dormirai de nuits verticales, te réciterai des hanches de pavot en ailleurs de craie.
Je serai ton élancement tissé de candeurs

01/05/2009

Longtemps, je me suis couchée de bonne heure

Je ne dormirai plus. Jamais. Gorgée de l’épuisement diaphane de la jeunesse absolue, émiettée d’alvéoles, déployée, invulnérable.

J’oublierais tes yeux ces bijoux d’encre placardés de lacs flexibles

Poudrée, perforée, superposée, je t’hésiterai au matin et je te vibrerai aux gongs malléables et je te dirai encore nos battues, nos pistes, nos ravages.

Je cherche une clarté immense écartée d’instincts