29/10/2010

Paysage de perte

Tu portes une perte, une perte de latitudes obliques, une perte oblique de matins creux. Cette perte tu la portes au plus loin de tes paysages de perte, cette perte de mille arpents perdus. Regard oblique vers l’extérieur de toi, là, vers le temps distendu des toits obliques. Là, ton reflet en creux, ton reflet n’est que perte qui s’observe et se reconnait. Tu portes une perte, même le paysage sait. Tu portes une perte en creux, et ça descend et ça descend et toi tu cours et tu cries à ta perte. Tu portes une perte, une perte de dix mille arpents, une perte en creux qui t’avale, qui t’arpente et t’érige en paysage de perte.

24/10/2010

Bloc d'attente massive


Je n’ai jamais pu recréer cet immense noir. Jamais, mais pourtant tenté. Les fenêtres d’abord. Stores incertains. Couvertures clouées. Porte ensuite. Doigts sur les yeux. Jamais pu recréer cette densité, cette «présence active du vide», cette attente d’incarnation qui précédait le jour. Jamais su recréer cette attente massive, noire, en bloc. Ce bloc d’attente massive qui n’existe pas dans le temps, cette attente que l’on porte à l’avant de soi, cette attente qui se porte en elle-même. Et cet immense noir qui englobait tout. Ce noir en bloc, emportant son espace et son temps propre. Jamais su recréer une nuit vraiment noire. Cette densité. Une nuit noire, une nuit monumentale, en bloc, se portant en elle-même. Jamais pu recréer cet immense noir où pouvaient coexister deux mouvements exactement inverses

18/10/2010

03/10/2010

Highway hi-fi phonograph

L’œil absorbe
Les périphéries organiques
Le béton précontraint
Les viaducs solubles
Et le temps passe
à rebours des choses
de chose en chose
tout avance
de chose en chose
semblable symétrique
et pourtant toi
toi tu te sens exactement
autre

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depuis le commencement
les choses existent
pour fermer l'espace
depuis le commencement