14/10/2011

Mouvement d'altération


On parle trop peu de ces paysages qui s’engendrent  jusqu’à l’écœurement. Dehors, l’espace est infatigable, impossible à leurrer. Un agencement ininterrompu de surfaces écraniques, horizontales, de dénivelés, de terres, de plis, de zones de piégeage, de lignes de moins en moins resserrées, de lacs. Autant de surfaces que rien n’évapore. Dehors, l’espace est inaltérable malgré l’œil qui séquestre, qui cisèle, qui emboîte, qui dilate, qui décale, qui déplie, qui pulvérise. Le regard n’est qu’un mouvement d’altération.

Crédit photo: Trevor Lee, Sans titre, 2010.

4 commentaires:

FB a dit…

spécificité de l'espace américain ? ou valable pour nous aussi de la vieille Europe toute petite ?

Marie-Hélène V. a dit…

Europe, Amérique: existe-t-il une spécificité de l'espace? Ou seulement une spécificité du regard...

F Bon a dit…

je dirais bien que l'un et l'autre se construisent ensemble... c'est ce mot d' "engendrement", chez nous ça ne dure jamais plus de 2 pylônes...

Marie-Hélène V. a dit…

Chez vous, si l'engendrement ne dure pas, c'est la faute aux péages! Une vraie maladie ces zones d'arrêt obligé.