01/04/2012

Défondation


Ici, rien n’est indemne. J’habite un lieu défondé, j’habite un lieu béant, perforé, une plaie grise. Ici, le silence compacte l’air. Ici, les maisons n’en finissent plus de se taire. Il n’y a plus que des terres incendiées, des silos renversés, des strates de tôle,  des structures décharnées, des volières vides, des maisons de morts, des dévotions vaines, des clous rouillés, des veuves muettes, des ciels fibreux, des fosses rances, des débris informes, des bêtes brûlées sur leurs stèles. Ici, les souvenirs sont des gestes souterrains. J’habite un lieu défondé. Ici, rien n’est indemne.

2 commentaires:

Victoire a dit…

Merveilleux. C'est juste merveilleux.

Julie a dit…

Folie, folie emmurée, mots qui claquent.