29/01/2012

Mémoire des lieux


Et parfois tout brûle. Et parfois les lieux s’agenouillent et s’avalent.
Il  arrive que le lieu fléchisse sous le ciel, que les dômes s’inclinent sous le froid horizontal. Il arrive que les lieux coagulent, que les murs flambent, que  l’enfance ploie sous les décombres de tôle, que l’absence bourdonne aux tempes, que le bétail taise sa douleur dans son sarcophage de glace.

Et parfois les lieux brûlent à vif, cautérisent la mémoire.
Et dans l’aube encore crispée, il arrive que l’œil cherche, s’agrippe, longe les rebords maladifs du souvenir, sonde l’écho du lieu dans la fixité mutique de la plaine. Et malgré tout ce qui brûle, la pupille s’acharne, travelling vain sur les cratères fumants de l’enfance.
Et parfois tout brûle, et la mémoire des lieux s’agenouille et s’avale