22/11/2016

Chambre avec vue




Souvenir d’une nuit d’insomnie où tu tuais le temps à observer les nageurs en contrebas. Là, sous les écharpes de brume, à quelques mètres d’un chantier endormi, des ombres insouciantes brouillaient la surface vaguement phosphorescente de la piscine de l’hôtel. Tu n’avais jamais réalisé qu’on pouvait nager dans l’éblouissement du désordre. Et tu te disais que c’était peut-être un peu ta tête ce vaste chantier parsemé de gravats et de poutrelles. Et tu te disais que c’était peut-être un peu ton corps plus bas, perdu parmi ces ombres mouvantes qui striaient l’eau chlorée d’une piscine cernée de ruines.

Ton front appuyé sur la baie vitrée, tu as encore détaillé longtemps tout ce qui resterait informulé.